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Concert Mozart : en route vers Paris

L’intégrale des quatuors avec flûte

par Jean-François Simoine, flûte, Emmanuelle Touly, violon, Jean-Charles Ferreira, alto, Mathilde Radelet, violoncelle

Programme du concert

Quatuor en sol majeur K285a
– Andate
– Tempo di menuetto
Quatuor en do majeur K285b
– Allegro
– Andantino : thème et variations
– Allegro
Quatuor en la majeur K298
– Andantino : thème et variations
– Menuetto, trio
– Rondo
Quatuor en ré majeur K 285
– Allegro
– Adagio
– Rondo

Présentation

Enfant, de 1763 à 1766, Wolfgang Amadeus Mozart avait effectué avec sa sœur Nannerl et son père Léopold une grande tournée de concerts, qui l’avait conduit en Allemagne, en France, en Angleterre et en Hollande et avait recueilli le plus grand succès.

En 1777, à l’âge de vingt et un ans, Mozart part pour la grande tournée qui transformera le jeune musicien insouciant et comblé en un maître mûri par les peines et les difficultés rencontrées au cours de ce voyage. Il visitera successivement Munich, Augsbourg, Mannheim et Paris. Il compose des sonates et des symphonies qui présentent déjà les caractères de la maturité. Mais à Paris, les déceptions s’accumuleront, il ne peut faire entendre ses œuvres. Un grand malheur le frappe : sa mère qui l’avait accompagné meurt. En outre, il connait une grave déception sentimentale, la cantatrice Alosya Weber qu’il considérait comme sa fiancée se détache de lui ; à son passage à Mannheim où elle réside, c’est la rupture. C’est un homme mûri et désabusé qui reviendra à Salzbourg en 1778.

Les deux premiers quatuors avec flûte les sont le fruit d’une commande d’un gentilhomme hollandais flûtiste amateur qui est également chirurgien, reçue par Mozart fin 1777 alors qu’il était à Mannheim (un certain De Jean qui souhaitait des concertos courts et simples et une paire de quatuors pour la flûte).

A l’époque de Mozart, les quatuors ou quintettes associant aux cordes un instrument à vent soliste sont un genre à mi-chemin de la musique de chambre « sérieuse » et du divertissement. Si les trois derniers quatuors avec flûte correspondent bien à cet idéal esthétique, Mozart a su transcender les limites du style galant avec le quatuor en ré majeur K285 (ainsi qu’avec le quatuor avec hautbois et le quintette avec clarinette). Dans cette partition imprégnée d’écriture concertante, la flûte s’impose indéniablement comme instrument soliste.

Si ce quatuor— K 285 en  majeur — réunit tous les suffrages, ce n’est que justice, car c’est un pur joyau de l’art galant, rehaussé par un moment d’exception, son bref adagio avec pizzicato des cordes dans lequel le musicologue Alfred Einstein voit « une page de la plus exquise mélancolie, peut-être le plus beau solo avec accompagnement jamais écrit pour la flûte… » Les deux suivants — K 285a en sol majeur et K 285b en ut majeur — qui se limitent à deux mouvements, relèvent plus du divertissement de bonne compagnie, mais celui en sol ne manque pas de séduction mélodique, et celui en ut, nettement plus tardif (il semble dater de la première année de Mozart à Vienne), suscite au moins l’attention par son finale qui constitue un premier état du thème varié de la fameuse sérénade (Gran Partita) pour treize instruments à vent K 361.

Quant au dernier de ces quatre quatuors, le K 298 en la majeur, composé vers 1786-1787, il s’agit d’une plaisanterie musicale destinée à égayer ses soirées amicales chez les Jacquin. En empruntant des thèmes à deux de ses contemporains (son ami Hoffmeister et Paisiello), il se livre à une parodie de certaines musiques à succès de son temps. Sans doute pour être sûr d’être bien compris, il intitule le finale « Rondieaux » et se fait étrangement directif dans ses indications d’interprétation, précisant « gracieusement animé, mais pas trop vite, pas trop lent non plus, du reste, comme ci… comme ça… avec beaucoup de feu et d’expression ». Réservons donc notre admiration pour les véritables chefs-d’œuvre — et le Quatuor en  K 285 en est un ! — mais, lorsque Mozart s’amuse, ne boudons pas notre plaisir et amusons-nous avec lui ! Et même présenté avec malice, il demeure une oeuvre empreinte du génie de Mozart…

Le projet :

Les quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle de Mozart sont à la fois dans l’esprit de ses quatuors à cordes mais également à la frontière avec l’esprit du concerto (un instrument solo accompagné par l’orchestre). Cette formation est en effet extrêmement intéressante en ce sens qu’elle permet au public d’apprécier l’homogénéité des instruments à cordes et de se laisser aller au plaisir à la fois du son doux et de la virtuosité de la flûte. Il est rare de pouvoir entendre les quatre Quatuors avec flûte au cours d’une même soirée. Si la composition des trois premiers ne s’est étalée que sur deux années (1777-1778), celle du quatuor en la majeur datant quant à elle de 1786, ils n’en demeurent pas moins d’une très grande diversité de style.

Les interprètes

Musiciens de l’Orchestre Symphonique de l’Aube et/ou professeurs au Conservatoire Marcel Landowski de Troyes, ces artistes ont été amenés à jouer ensemble depuis plusieurs années au sein de l’OSA mais aussi d’ensembles de musique de chambre et dans des collaborations pédagogiques au Conservatoire Marcel Landowski.

Jean-François Simoine, flûte

Il étudie à Lille avec Chrystel Delaval (1er prix à l’unanimité du CRR de Lille) puis à Paris avec Michel Debost, Sophie Cherrier (1er prix de la ville de Paris), Ida Ribera (1er prix du CRR de ST Maur) et se perfectionne avec Maxence Larrieu et Michel Debost. En 1985, il se voit décerner le premier prix au concours national de Jeunes Interprètes de la Ville de Dunkerque.

Jean-François exerce ses talents de musicien dans de multiples domaines, qui sont chez lui autant de manières de servir son art : la musique de chambre occupe une place privilégiée, que ce soit en duo avec notamment la pianiste danoise Nanna Hansen avec qui il a enregistré un CD en 2004, en duo flûte et harpe : duo Piacevole, depuis 2013 avec la harpiste Béatrice Guillermin avec qui il a enregistré un CD en 2018, en trio (trio Nymphéa : flûte, alto et harpe), ou dans diverses formations plus occasionnelles avec cordes ou vents. Il est à l’initiative et collabore à de nombreuses réalisations originales. Flûtiste au sein de l’Orchestre Symphonique de l’Aube, il pratique aussi avec passion la direction d’orchestre : direction de l’Ensemble Instrumental Musiques d’Autan pendant 10 ans, avec lequel il a enregistré l’Histoire du Soldat de Stravinski (2002), et direction de l’orchestre symphonique du conservatoire de Troyes jusqu’en 2019. Il a aussi réalisé de nombreux arrangements d’œuvres du répertoire symphonique pour des ensembles d’élèves.

Titulaire du certificat d’aptitude, il est professeur de flûte et de musique de chambre depuis 2012 au Conservatoire à Rayonnement Départemental « Marcel Landowski » de Troyes.

Emmanuelle Touly, violon

Diplômée en alto et musique de chambre du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, après des études de violon et d’art dramatique au CNR de Besançon, elle est également titulaire d’un DEA «Recherches cinématographiques et audiovisuelles».

Elle se consacre durant plusieurs années à la musique contemporaine, au théâtre musical, à la musique de scène et aux ciné-concerts.

Elle travaille au sein de nombreux orchestres (elle est notamment titulaire de l’Orchestre des Pays de Savoie de 1999 à 2001), et fait actuellement partie de l’Orchestre Symphonique de l’Aube. 

Co-fondatrice de 2 trios de musique classique (dont le trio Nymphéa flûte, alto et harpe avec Jean-François Simoine), elle s’oriente ensuite plus spécifiquement vers les musiques du monde (duo Détour de Babel, quartet de tango Abrazado).

Attirée toujours davantage par le théâtre, elle est musicienne et comédienne pour Ville en Lumières, à Troyes, mais également dans des créations du Théâtre Populaire de Champagne, notamment La petite histoire, d’Eugène Durif, dont elle conçoit la musique de scène.

Emmanuelle joue sur un quinton : le quinton est un instrument hybride de violon et d’alto; il couvre la tessiture des deux instruments.

C’est à la fin du XVIIIème siècle que Michel Woldemar, violoniste, altiste et pédagogue français, inventa un « violon-alto », qui permettait aux musiciens de tenir alternativement la partie de violon et celle d’alto, dans les formations de chambre ou les orchestres, sans devoir changer d’instrument.

Le luthier contemporain spécialiste du quinton, qui a fabriqué entre autres l’instrument qu’elle joue depuis 2016, sur commande, se nomme Bruno Dreux, et exerce à Orléans.

Jean-Charles Ferreira, alto

Après avoir étudié l’alto au Conservatoire National de Région de Nancy, Jean-Charles Ferreira obtient un premier prix d’alto au Conservatoire National Supérieur de Lyon dans la classe de Jean-Philippe Vasseur en 1995. Il obtient par la suite le Diplôme d’Etat puis le Certificat d’Aptitude de professeur d’alto, qui lui permettent d’enseigner cet instrument au conservatoire national de Troyes.

            Outre l’enseignement pour lequel il se consacre pleinement, Jean-Charles Ferreira se produit régulièrement en concerts avec différents orchestres, dont certains sont spécialisés dans l’interprétation sur instruments d’époque du répertoire baroque, classique et romantique, tels que l’Orchestre des Champs Elysées dirigé par Philippe Herreweghe, Les Talens Lyriques dirigé par Christophe Rousset, ou le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet. Ces ensembles l’ont amené dans différents pays d’Europe (Angleterre, Allemagne, Belgique, Espagne, Portugal, Hongrie, Italie), mais aussi au Japon et en Australie. Il a participé également à de nombreux enregistrements, dont le répertoire s’étend de Purcell (Didon et Enée) à Bruckner (symphonies), en passant par Rameau, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Berlioz, Faure (Requiem)…

            Par ailleurs il a été invité comme alto solo à l’ensemble orchestral de Troyes et à l’orchestre symphonique de l’Aube. Jean-Charles Ferreira se consacre également à la musique de chambre, et a donné de nombreux concerts (sonate, trio, quatuor…) dans diverses villes de France, notamment avec l’ensemble Stanislas à Nancy.

Mathilde Radelet, violoncelle

Elle étudie le violoncelle au CRR de Reims dans la classe de Marc-Didier Thirault. Elle y obtient la médaille d’or, ainsi qu’une médaille d’or en Formation Musicale.

Elle poursuit sa formation au CRR de Rueil-Malmaison dans la classe de perfectionnement de Jean-Marie Gamard. Elle est récompensée par une mention excellence et une médaille d’or en musique de chambre.

Après deux nouvelles années d’études au PESM Bourgogne de Dijon, elle en sort titulaire du Diplôme d’État pour l’enseignement du violoncelle. Elle est actuellement professeur de violoncelle au Conservatoire de Troyes.
           

Elle se produit régulièrement en musique de chambre: avec piano (Schubert, Popper, Poulenc, Piazzola…), en trio à cordes (Beethoven, Turina, Chostakovitch…), en quatuor avec piano (Mozart, Brahms, Schumann) mais également au sein de l’Orchestre Régional de chambre d’Ile de France (direction Jean-Walter Audoli), notamment en violoncelle solo.

Concert reporté au 19 juin 2021, au Cellier Saint-Pierre

1, place Saint-Pierre, Troyes

Dans le respect des gestes barrière contre le COVID, la capacité de la salle est limitée à 65 personnes, le concert sera alors donné à deux reprises dans la même soirée, à 18 heures et 19 heures 30.

Réservation : Les billets du concert seront en vente à la Maison du Boulanger de Troyes au prix de 13 €, plein tarif et 9 € tarif réduit : étudiants, jeunes jusqu’à 18 ans, demandeurs d’emploi, adhérents de l’association Clair de Lune à jour de leur cotisation, gratuit pour les enfants jusqu’à 8 ans inclus.

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