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Concert Mozart : en route vers Paris

L’intégrale des quatuors avec flûte

par Jean-François Simoine, flûte, Emmanuelle Touly, violon, Jean-Charles Ferreira, alto, Mathilde Radelet, violoncelle

Présentation

Enfant, de 1763 à 1766, Wolfgang Amadeus Mozart avait effectué avec sa sœur Nannerl et son père Léopold une grande tournée de concerts, qui l’avait conduit en Allemagne, en France, en Angleterre et en Hollande et avait recueilli le plus grand succès.

En 1777, à l’âge de vingt et un ans, Mozart part pour la grande tournée qui transformera le jeune musicien insouciant et comblé en un maître mûri par les peines et les difficultés rencontrées au cours de ce voyage. Il visitera successivement Munich, Augsbourg, Mannheim et Paris. Il compose des sonates et des symphonies qui présentent déjà les caractères de la maturité. Mais à Paris, les déceptions s’accumuleront, il ne peut faire entendre ses œuvres. Un grand malheur le frappe : sa mère qui l’avait accompagné meurt. En outre, il connait une grave déception sentimentale, la cantatrice Alosya Weber qu’il considérait comme sa fiancée se détache de lui ; à son passage à Mannheim où elle réside, c’est la rupture. C’est un homme mûri et désabusé qui reviendra à Salzbourg en 1778.

Les deux premiers quatuors avec flûte les sont le fruit d’une commande d’un gentilhomme hollandais flûtiste amateur qui est également chirurgien, reçue par Mozart fin 1777 alors qu’il était à Mannheim (un certain De Jean qui souhaitait des concertos courts et simples et une paire de quatuors pour la flûte).

A l’époque de Mozart, les quatuors ou quintettes associant aux cordes un instrument à vent soliste sont un genre à mi-chemin de la musique de chambre « sérieuse » et du divertissement. Si les trois derniers quatuors avec flûte correspondent bien à cet idéal esthétique, Mozart a su transcender les limites du style galant avec le quatuor en ré majeur K285 (ainsi qu’avec le quatuor avec hautbois et le quintette avec clarinette). Dans cette partition imprégnée d’écriture concertante, la flûte s’impose indéniablement comme instrument soliste.

Si ce quatuor— K 285 en  majeur — réunit tous les suffrages, ce n’est que justice, car c’est un pur joyau de l’art galant, rehaussé par un moment d’exception, son bref adagio avec pizzicato des cordes dans lequel le musicologue Alfred Einstein voit « une page de la plus exquise mélancolie, peut-être le plus beau solo avec accompagnement jamais écrit pour la flûte… » Les deux suivants — K 285a en sol majeur et K 285b en ut majeur — qui se limitent à deux mouvements, ne s’élèvent guère au-dessus du divertissement de bonne compagnie, mais celui en sol ne manque pas de séduction mélodique, et celui en ut, nettement plus tardif (il semble dater de la première année de Mozart à Vienne), suscite au moins l’attention par son finale qui constitue un premier état du thème varié de la fameuse sérénade (Gran Partita) pour treize instruments à vent K 361.

Quant au dernier de ces quatre quatuors, le K 298 en la majeur, composé vers 1786-1787, il s’agit d’une plaisanterie musicale destinée à égayer ses soirées amicales chez les Jacquin. En empruntant des thèmes à deux de ses contemporains (son ami Hoffmeister et Paisiello), il se livre à une parodie de certaines musiques à succès de son temps, en en soulignant le caractère insipide et négligé. Sans doute pour être sûr d’être bien compris, il intitule le finale « Rondieaux » et se fait étrangement directif dans ses indications d’interprétation, précisant « gracieusement animé, mais pas trop vite, pas trop lent non plus, du reste, comme ci… comme ça… avec beaucoup de feu et d’expression ». Réservons donc notre admiration pour les véritables chefs-d’œuvre — et le Quatuor en  K 285 en est un ! — mais, lorsque Mozart s’amuse, ne boudons pas notre plaisir et amusons-nous avec lui ! 

Le projet :

Les quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle de Mozart sont à la fois dans l’esprit de ses quatuors à cordes mais également à la frontière avec l’esprit du concerto (un instrument solo accompagné par l’orchestre). Cette formation est en effet extrêmement intéressante en ce sens qu’elle permet au public d’apprécier l’homogénéité des instruments à cordes et de se laisser aller au plaisir à la fois du son doux et de la virtuosité de la flûte. Il est rare de pouvoir entendre les quatre Quatuors avec flûte au cours d’une même soirée. Si la composition des trois premiers ne s’est étalée que sur deux années (1777-1778), celle du quatuor en la majeur datant quant à elle de 1786, ils n’en demeurent pas moins d’une très grande diversité de style.

Les interprètes

Jean-François Simoine, flûte

Emmanuelle Touly, violon

Jean-Charles Ferreira, alto

Mathilde Radelet, violoncelle

Musiciens de l’Orchestre Symphonique de l’Aube et/ou professeurs au Conservatoire Marcel Landowski de Troyes, ces artistes ont été amenés à jouer ensemble depuis plusieurs années au sein de l’OSA mais aussi d’ensembles de musique de chambre et dans des collaborations pédagogiques au Conservatoire Marcel Landowski.

Samedi 12 décembre 2020, Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière de Troyes, 18 heures et 19 H 30

Dans le respect des gestes barrière contre le COVID, la capacité de la salle est limitée à 40 personnes, c’est pourquoi le concert est donné à deux reprises dans la même soirée.

Réservation : Les billets du concert seront en vente à la Maison du Boulanger de Troyes au prix de 13 €, plein tarif et 9 € tarif réduit : étudiants, jeunes jusqu’à 18 ans, demandeurs d’emploi, adhérents de l’association Clair de Lune à jour de leur cotisation, gratuit pour les enfants jusqu’à 8 ans inclus.

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